RévélationQu’est-ce que ce titre à la con vient encore faire dans le poker mordious ?
Faut-il que je sois en panne d’inspiration ? C’est vrai que point de vue résultat poker il n’y a pas grand-chose à signaler en ce bas monde… Mais finalement est-ce le plus important ?
Plusieurs mots me viennent à l’esprit. Passion, démon, prison… (c’est fou, tout ceci rime avec con).
Waw… Il est malade le Becari. Va-t-il se suicider en direct ???
Meuh non. En voilà une drôle d’idée.

Cela fait 4 mois, 4 jours et 4 heures (montre ne main) que mon poker traverse une tornade sans précédent de dégueulasseries merdiques en tout genre.
Il n’est pas honteux de l’avouer, mon mental et tout mon être en ont souffert, alors que je les croyais à l’épreuve des balles.
Pourtant je pense être doté de suffisamment de connaissances de notre discipline pour faire face aux mauvais moments. Plusieurs savent que je peux être un excellent conseiller en matière d’approche psychologique du poker. Les personnes à qui j’ai pu distiller des avis, ou critiques, peuvent en témoigner. Alors quoi ? Avoir suffisamment d’intelligence pokéristique pour apporter du positivisme, une meilleure compréhension, voir un regain de passion aux autres et être incapable de me gérer moi-même ?
Ben oui… en fait c’est ça.
Depuis le début de l’année, je cherche sans arrêt ce qui ne va pas. Je tombe même dans les pièges douteux qui consistent globalement à rejeter la faute sur les autres. Combien de fois depuis 4 mois n’ai-je pas insulté un russe sur Pstars ? Combien de fois depuis 4 mois ai-je changé la configuration de mon table ninja ? Combien de fois depuis 4 mois n’ai-je pas vociférer comme un sanglier malade face à mon écran, seul, dans mon bureau ? Je pourrais en citer des responsables de ma mauvaise passe…
Mais à quoi bon ? Ces braves paramètres extérieurs n’y peuvent finalement rien. Et personne n’y peut rien en fait. J’ai cherché pendant 4 mois les explications sans les trouver. Et si je ne les ai pas trouvées, c’est tout simplement qu’il n’y en a pas.
Cette réflexion révélatrice, je l’ai eue dimanche soir, juste après ma sortie en 25 minutes et deux coups, du warm up. Si le bad run est là, il est là. Et sans doute que demain il sera encore là, et peut-être aussi la semaine prochaine, et aussi dans un an…
Une nuit plus tard à regarder le plafond, je voyais les choses complètement différemment.
Rien ne sert de lutter contre des phénomènes qui dépassent la compréhension, et qui restent inaccessibles à toute solution. Parce qu’en agissant comme cela, on perd la notion de plaisir, on perd un peu le sens des réalités, on mène un combat contre les ténèbres, et pire que tout, on commence à douter de soi-même. Sur ce dernier point, je ne vous raconte pas le calvaire. Je sais que je ne dois rien à personne, ni à moi-même.
Pourtant il est douloureux de vivre une période aussi creuse après les derniers mois de folie de l’an dernier. C’est qu’on y prend goût aux victoires, et aux gros résultats.
Ce qui est fou, c’est qu’il est beaucoup plus simple de trouver une explication satisfaisante à un good run, qu’à un bad run… Si tu runs good, tu es un génie. Tu as tout compris, et tu as franchi un cap. Si tu runs bad, du coup, tout est contre toi…ou alors, ce n’était tout compte fait que de la chance à l’état brut, et finalement, tu es un joueur banal, classique, mauvais.
Et mon analyse nocturne de dimanche reste la même pour ce good run… Il n’y a pas d’explication…
Les seules choses dont on peut être certain, c’est ce que les autres disent de toi, et pas ce que tu souhaiterais entendre d’eux.
A cet effet, plusieurs images me viennent à l’esprit.
Tout d’abord, un truc que j’ai gardé pour moi jusqu’à aujourd’hui, parce que je n’y attachais pas d’importance. En janvier dernier, quand j’ai été éliminé en 14ème position du 1000€ à Deauville, mon bourreau final s’est levé à ma sortie, et est venu me féliciter chaleureusement, avec un grand sourire terriblement chaleureux, que je n’oublierai jamais. Il m’a dit qu’il avait eu de la chance, que j’avais fait un gros tournoi, et qu’il n’était pas fâché d’avoir gagné son coin flip contre moi. Sur le coup, ça me faisait une belle jambe, et c’est le genre de chose qu’on n’a pas envie d’écouter après une déception.
Mais avec du recul, je pense que cette poignée de main pleine de respect était la chose la plus riche que pouvait m’offrir cet allemand froid et agressif à table. Son nom ? Marvin Rettenmeier.
Puis, pas plus tard que ce lundi, j’ai revécu doublement l’adrénaline. Pour commencer, j’ai gagné une seconde fois la manche à 11$ de notre WPL4. J’ai bien entendu été aidé par un énorme good beat au début, ainsi que par une grosse erreur d’Andy en table finale, mais globalement, j’ai pris beaucoup de plaisir à me concentrer à fond sur un tournoi. Puis, pendant que nous headsupions Farfaccc et moi (sympa le néologisme), Pillou6 a débarqué dans le tchat en me demandant de venir le coacher sur skype parce qu’il était bien sur le 5$ turbo 20K gtd à 40 joueurs left. Hélas, mon micro avait rendu l’âme, et je ne pouvais pas répondre favorablement à sa demande. J’ai bien entendu ouvert sa table pour le railler, et une fois mon HU terminé, j’ai ouvert skype et me suis mis en tchat écrit avec lui (à 24 joueurs left de mémoire), alors qu’il avait le 4ème tapis. Je me suis alors mis dans son tournoi comme si c’était le mien, lui donnant mon avis sur chaque main, et l’encourageant constamment comme je le pouvais. Au final, il termine 4ème pour un gain de 1550$. Intérieurement j’étais super déçu pour lui, parce qu’en suivant mon dernier conseil, il perd un coin flip qui lui aurait donné la victoire sans aucun doute. Puis, au vu de son plaisir et de sa satisfaction, la déception s’est évanouie, et j’ai ressenti un immense plaisir de le sentir aussi heureux. Puis finalement ce dernier coup…il était obligatoire… Quelle que soit la configuration, le moment, le lieu ou l’enjeu, je ne le joue jamais différemment. Après ce sont les cartes…
Reprendre du plaisir deux fois en 3H le même jour, conforte mon idée comme quoi…il n’y a pas d’explication…
Enfin,… c’est sans doute result oriented, mais le simple fait d’avoir été approché et embrigadé par une team pro en fin de saison dernière, reste assez évocateur.
J’ai posté à plusieurs reprises des tentatives de reprise de contrôle sur ce blog. Et au final, ce n’était que du vent.
Il fallait un déclic. Un moyen de trouver en moi la possibilité de me poser les bonnes questions, de comprendre ce qu’il m’arrivait, de sortir de la prison dans laquelle je m’enfermais de plus en plus.
J’ignore ce qui explique ce déclic, ni quel est ce moyen… mais ma réponse, je l’ai trouvée. Il n’y a pas d’explication. Il n’y a pas d’explication. Il n’y a pas d’explication. Il n’y a pas d’explication……….
Du coup, j’ai décidé d’arrêté de me ronger les ongles, de me faire du mauvais sang, de me poser plein de questions, de mal vivre ma passion, de me sentir en prison, de tuer le démon, et de prendre le poker comme il vient (tiens, ça ne finit pas en « on »). Si ça vient, ça vient… et si ça ne vient pas, ça ne vient pas. Je suis quand même un privilégié dans la vie, et si je continue à m’en faire, je vais être dégoûté avant de m’en rendre compte.
Pour fêter ça… Je vous annonce que je viens de fêter mon 3ème jour consécutif sans me ronger les ongles (pour de vrai). Après presque 33 ans de ronge intensive, je vous jure que c’est un exploit.