Un dernier voyage dans mon cerveauIl y a une semaine, lors de mon dernier billet, j’avais laissé entendre l’ébauche d’écriture d’un nouveau chapitre de mon histoire pokéristique.
La rédaction de ce nouvel épisode est bien entendu à durée indéterminée… Et tant mieux, car il y a du pain sur la planche.
J’ignore aussi quels seront les aboutissements de la démarche entreprise, et en toute honnêteté, cela ne m’intéresse pas.
Vais-je retrouver la joie d’une victoire à 4 chiffres sur internet ? Vais-je perfer en live ? Vais-je un jour connaître à nouveau l’état de grâce qui était mien le 31 décembre 2010 ?
Me poser ce genre de questions serait une perte de temps prodigieuse. Et du temps, j’en ai assez perdu jusqu’à présent.
En effet, personne ne peut connaître les réponses à ces questions. Ça peut être mieux… Ça peut être moins bien… Mais quoi qu’il en soit le poker évolue tellement vite, que tirer de nouveaux plans sur la comète à ce sujet me semble parfaitement inutile, voir même polluant.
A l’heure actuelle, il est bien plus intéressant et opportun de consacrer mon énergie dédiée au poker à des choses bien plus constructives.
Cerveau en marche, à vos marques… Partez !Le travail d’introspection continue. Mais au moins cette fois, ce n’est pas pour tourner une page.
Faire un état des lieux complet (un check-up) de ce qui me caractérise en tant que joueur est la première chose à laquelle j’ai voulu m’atteler, et doit servir de base à la rédaction de ce nouveau chapitre.
Pour cela je me suis remémoré beaucoup de choses qui ont accompagné mon évolution de joueur.
Mais rassurez-vous, je ne vais pas de nouveau opérer un flash-back… Vous commencez à me connaître.
Pour bien faire les choses à l’envers, je vous livre en primeur ma conclusion… (D’habitude la conclusion, vient après l’analyse, mais au cas où lire l’analyse ne vous ferait pas bander, je préfère abréger vos souffrances).
Je suis un gros morceau de gruyère 
Pour tout vous dire, j’ai hésité avant de me fromagiser… et hésitais avec le terme « grosse éponge »…
Mais au final, je pense que m’identifier à de la bouffe me sied à merveille, sans compter que je ne pense pas avoir la mollesse d’une éponge…
Héhé… Oui mais bon… Pourquoi ?
Il faut décortiquer l’appellation en ce qu’elle représente.
Trois termes sortent de ce nouveau titre (à la con). « Gros », « Morceau » et « Gruyère ».
Gros, parce que comme vous le verrez plus bas, je possède une solide expérience dans le poker que peuvent m’envier beaucoup de joueurs.
Gruyère, parce mon poker, de manière globale est composé de nombreux trous (leaks).
Et enfin morceau, car dans tout ce que j’ai pu accomplir d’un point de vue poker, je ne suis que très rarement allé au bout des choses en vue de proposer un « Gruyère » complet.
« Gros »En termes d’expérience online, j’ai joué un total de presque 25.000 tournois et sit-and-go en restant « even » (ni perdant, ni gagnant).
J’ai joué pour près de 640.000$ de buy-ins… (gloups). Mon ROI étant de « -2% », j’accuse quand même quelques pertes aux alentours de 10.000$...compensées par les rake-back générés par mon accession à Supernova l’an dernier (j’ai filé en tout près de 42.000$ de rake, et en ai récupéré plus ou moins 12.000). Un premier constat qui fait déjà plaisir en soi.
En termes d’expérience live, j’ai joué 1 EPT (sponsorisé), 12 événements WSOP, 3 side-event EPT, 3 fois le BOPC, et une vingtaine d’autres tournois (entre 500 et 1000€ de buy-in).
J’ai joué en Belgique, en France, en Irlande, en République Tchèque, en Espagne, au Maroc, et aux Etats Unis.
J’ai partagé à un moment ou un autre les tables de Joe Cada, Elky, Michael Mizrachi, Roland de Wolfe, Martin Jacobson, Praz Bansi, Mélanie Weisner, Ilari Sahami, Eric Balwin, Marvin Rettenmaier, Jonas Klausen, Jeff Madsen, Markus Naalden, Surinder Sunar, Jared Hamby, Maal Sijbrandt, Roger Hairabedian, Marc Inizan, Guillaume Darcourt, Léonard Truche, , Arnaud Esquevin, , Guillaume de la Gorce, Pierre Neuville, Kenny Hallaert, Davidi Kitaï ou encore JPDB (lol) … pour ne citer que ceux qui me viennent en mémoire…
Plutôt sympa, non ?
« Gruyère »A côté de cela, il y a l’aspect purement technique.
Et là… c’est un peu la grosse cata. Les fondamentaux d’aujourd’hui n’ont plus rien de commun avec ceux d’hier.
J’avais bien entendu à l’époque, étudier les cotes, les pourcentages, et j’avais une bonne idée de ce qu’était la stratégie de manière générale.
Si ces derniers étaient largement suffisant pour être gagnant en 2007 ou 2008, ils ne le sont plus du tout à l’heure actuelle.
Je m’en rends compte quand je lis un post analytique de Nirvananight duquel…je ne comprends pas grand-chose.
A l’heure actuelle, les fondamentaux sont beaucoup plus fournis, et apportent un raisonnement énormément basé sur l’implicite et l’adaptation au jeu des adversaires.
A l’époque, la technique et la stratégie de base représentaient un chapitre de bouquin, alors qu’aujourd’hui, c’est plutôt l’encyclopédie Universalis en 27 volumes.
Bon… J’exagère… Mais toujours est-il que j’ai personnellement continué à me construire sur des fondations ancestrales, tout en rencontrant une opposition, sans doute moins, mais mieux bâtie…
J’ai bien entendu emmagasiné bon nombre de concepts pêle-mêle, en veux-tu, en voilà… Mais avec une compréhension tantôt acceptable, tantôt limitée… Puisque beaucoup de ceux-ci font appel aux fondamentaux de base… (Tu ne peux pas 4-bet light quand bon te semble… Il y a des situations à identifier en fonction de nombreux paramètres…).
Pour tout vous dire, jusqu’à ce samedi, j’ignorais les réelles significations de VP$IP, ou AF…
Sans compter que depuis 3 ans, j’évolue sans tracker online. J’ai bien utilisé Poker Office à mes débuts, mais sans jamais mesurer la portée d’exploitation de ceux-ci.
Ça c’est pour le purement technique…
Il y a aussi l’aspect « mental »… duquel je connais beaucoup de choses éparpillées, mais que je n’applique guère, …ou mal.
Genre gestion de bankroll par exemple… Quel désastre…
Mais soit… Déposer son poker sur la table, c’est bien… Le soigner, c’est mieux…
J’en reparlerai plus bas.
« Morceau »Concept mental plus compliqué à exprimer. Quoique.
Un morceau est une partie d’un tout. Un fragment de ce qui existe, de ce qui est possible, et de ce qui est réalisable.
Je ne vais jamais au bout des choses. Quand j’entame un challenge, bien souvent celui-ci prend fin avant l’arrivée.
Je prends de « bonnes résolutions »… Et hop. Elles s’évaporent dans la foulée…
Hors au poker, comme dans la vie, il y a une valeur qui est soit innée, soit à travailler sérieusement si l’on veut aller plus loin. Il s’agit de l’endurance.
Et ça, ça marche pour tout… Arrêter de fumer, perdre du poids, augmenter ses performances au 100m…
Motivation et discipline sont le carburant qui fait fonctionner l’endurance.
ConclusionLa somme de ces trois aspects évoqués fait de moi, un joueur moyen. Ni très bon, ni très mauvais.
En être conscient est très important, et ne pas se raconter de mauvaises histoires non plus.
Ce qui est affreux, c’est que j’ai perdu un temps immense sur de mauvaises bases.
Ce qui est enthousiasmant, c’est que combler les trous et faire grandir le fromage n’est pas irréalisable.
Bien entendu, c’est un travail de longue haleine, qui va s’effectuer petit à petit, et qui va indéniablement passer par la démolition de beaucoup de choses qui existent…
Assimiler les nouveaux fondamentaux, adapter ce que je connais déjà à ceux-ci, mieux cibler mes objectifs, me faire aider par le coaching… etc…
Prendre le temps au présent de bien faire les choses, tout en pouvant apprécier ce que l’on a fait hier... (Becari)…
Ne plus regarder trop loin derrière soi. Ne plus regarder loin devant soi.
La seule chose qui doit compter, c’est le présent et ce que j’en fais.
Et le présent… c’est Dublin.
Demain nous partirons avec les potes en terres irlandaises. Le but absolu de mon voyage sera de prendre du bon temps avec eux, en donnant le meilleur de mon gruyère aux tables…
Pour le reste… J’ai le temps…
NB : Ce billet introspectif est le dernier d’une longue série que j’écris avant longtemps. Les prochains seront moins tournés sur mon parcours personnel (hormis les narratifs) et traiteront de divers sujets d’actualité qui me tiennent à cœur (comme ma vision du sponsoring de joueurs).